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Marina BenamouThérapeute émotionnelle · Jérusalem
Journal

Mon ado ne parle plus : ce qui se passe vraiment (et ce qui aide)

· 6 min de lecture

« Ça va. » « Rien. » « Je sais pas. » Puis la porte qui se ferme. Beaucoup de parents me décrivent ce moment où leur enfant, qui racontait tout, s’est mis à ne plus rien dire. Voici ce qui se joue souvent derrière, et ce qui aide.

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le silence n’est pas du vide.

D’abord : une partie de ce silence est normale

À l’adolescence, prendre de la distance avec ses parents fait partie du chemin. L’ado construit un espace à lui, des secrets, des amitiés dont il ne vous parle pas. Il a besoin de sentir que sa vie lui appartient. Ce n’est pas un rejet de vous. C’est une étape.

Le vrai signal, ce n’est donc pas qu’il parle moins. C’est ce qui change en même temps.

Quand le silence dit autre chose

Ce qui doit vous alerter

  • Il ne parle plus à personne, pas seulement à vous : ni amis, ni frères et sœurs.
  • Le sommeil, l’appétit, les notes changent nettement.
  • Il abandonne ce qu’il aimait : le sport, la musique, les sorties.
  • Il est irritable ou éteint la plupart du temps, pas seulement certains jours.
  • Il dit des choses comme « je ne sers à rien » ou « ce serait mieux sans moi ». Là, n’attendez pas : parlez-lui directement, et appelez ERAN au 1201 si besoin.

Derrière un silence qui s’installe, on trouve souvent de l’anxiété, une humiliation à l’école, une peine d’amour, une dépression qui commence, ou simplement le sentiment que parler ne sert à rien parce que « de toute façon, vous ne comprenez pas ».

Pourquoi nos questions ferment la porte

« Comment s’est passée ta journée ? » « Bien. » « Et le contrôle ? » « Bien. » « Tu es sûr ? » La porte claque.

Les questions directes, surtout posées face à face, sont vécues par beaucoup d’ados comme un interrogatoire. Plus on insiste, plus ils se ferment. Et plus ils se ferment, plus on s’inquiète, et plus on insiste. C’est un cercle, et personne n’y est méchant.

personne n’est coupable ici.

Ce qui aide, concrètement

Parler à côté, pas en face. En voiture, en cuisinant, en marchant. Beaucoup d’ados parlent quand on ne les regarde pas dans les yeux et qu’il y a une activité pour « couvrir » la conversation.

Être là sans rien demander. S’asseoir dans le salon quand il y est. Proposer un thé, une série, une course à faire ensemble. La disponibilité compte plus que les questions.

Dire ce que vous voyez, sans conclure. « Je te trouve fatigué en ce moment. Si un jour tu as envie d’en parler, je suis là. » Puis passer à autre chose. Vraiment.

Écouter sans réparer. Quand il finit par parler, résistez à l’envie de donner la solution tout de suite. « Ça a l’air vraiment pénible » fait plus pour la suite que le meilleur des conseils.

Accepter qu’il parle à quelqu’un d’autre. Un oncle, une entraîneuse, un thérapeute. Ce n’est pas un échec pour vous. C’est une ressource de plus.

Si le silence dure et vous inquiète, on peut en parler. Écrivez-moi.

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Réponse personnelle de Marina, en général sous 24 h. Sans engagement.

Et s’il refuse toute aide ?

C’est fréquent. On peut commencer par vous. En guidance parentale, on travaille sur ce qui se passe à la maison, et souvent, quelque chose se remet à bouger. Beaucoup d’ados finissent par accepter un premier rendez-vous « juste pour voir ».

Et si votre enfant est plus à l’aise en hébreu qu’en français, ce n’est pas un problème : en séance, il parlera la langue qu’il veut.

Le premier pas

Vous reconnaissez votre enfant dans cet article ? Écrivez-moi son âge et deux mots sur la situation.

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