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Marina BenamouThérapeute émotionnelle · Jérusalem
Journal

Alyah avec un ado : les 5 moments où ça coince

· 7 min de lecture

L’alyah d’une famille n’avance jamais au même rythme pour tout le monde. Chez les ados, il y a des moments où ça se tend presque toujours. Les connaître à l’avance aide à ne pas paniquer, et à réagir au bon moment.

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je suis passée par là aussi. Marseille → Jérusalem.

1. Les premiers mois : quand l’excitation retombe

Au début, tout est nouveau. Puis vient le moment, souvent quelques mois après l’arrivée, où la nouveauté ne porte plus. Les amis de France répondent moins vite. Les journées à l’école sont longues quand on ne comprend qu’un mot sur trois.

Elle qui adorait l’idée de partir dit maintenant tous les soirs qu’elle veut « rentrer à la maison ».

Ce qui aide : ne pas prendre ces phrases au pied de la lettre, ni les contredire. « Je comprends que la France te manque. À moi aussi, parfois. » Et garder un lien vivant avec ce qui a été laissé : un appel avec les grands-parents, un ami de là-bas.

2. L’école : quand un bon élève décroche

L’école israélienne a ses codes : plus directe, plus bruyante, une relation aux profs très différente, et le bagrout qui se profile vite. Un ado qui réussissait en France peut se retrouver perdu, ou s’ennuyer, ou ne plus oser participer.

Ce qui aide : rencontrer tôt le mehanech ou la mehaneshet, demander les aménagements prévus pour les nouveaux immigrants, et regarder les notes comme un indicateur de langue, pas d’intelligence.

ce n’est pas une question de niveau.

3. Les amis : quand il s’intègre vite… ou pas du tout

Certains ados s’intègrent à toute vitesse, et les parents ont l’impression de les perdre : ils parlent hébreu entre eux, sortent tard, ont d’autres codes. D’autres restent seuls, collés à leur téléphone et aux amis restés en France.

Ce qui aide : dans le premier cas, rester curieux plutôt que méfiant (« Explique-moi comment ça marche, ici, les soirées ? »). Dans le second, créer des occasions simples : un mouvement de jeunesse, un sport, un seul copain invité à la maison.

4. La maison : quand les rôles s’inversent

Il traduit pour vous à la kupat holim, à la banque, à la réunion parents-profs. Il comprend mieux que vous ce qui se passe. Ça peut le rendre fier. Ça peut aussi lui peser, et brouiller qui décide.

« Tu ne peux pas comprendre, tu ne parles même pas hébreu. »

Ce qui aide : protéger votre place de parent, même quand vous doutez de vos repères. Vous n’avez pas besoin de maîtriser la langue pour fixer un cadre. Et soulager l’ado quand c’est possible : un traducteur, un ami, une assistante sociale plutôt que lui pour les rendez-vous délicats.

Vous vous reconnaissez dans un de ces moments ? Écrivez-moi en français.

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Réponse personnelle de Marina, en général sous 24 h. Sans engagement.

5. Le tsav rishon : quand l’identité revient sur la table

Vers 16 ans et demi arrive le tsav rishon, la première convocation de l’armée. Pour beaucoup de familles olim, c’est un moment fort, parfois inquiétant. Pour l’ado, il revient souvent avec une vieille question : « Je suis d’où, moi ? » Trop français pour les Israéliens, trop israélien pour les cousins de France.

Ce qui aide : en parler ouvertement, à la maison, sans attendre que le courrier arrive. Écouter ce qu’il imagine, ce qu’il craint, ce dont il est fier. Et accepter que ses réponses ne soient pas les vôtres.

Quand consulter

Si l’un de ces moments s’installe (refus d’aller à l’école, isolement, colères, tristesse qui dure), ne restez pas seuls. Pour une famille francophone, pouvoir parler en français aux parents et en hébreu à l’ado change souvent beaucoup de choses. Alyah et adolescence : comment je travaille

Le premier pas

Écrivez-moi en français, avec l’âge de votre enfant et le moment où vous en êtes.

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